Parole de Bill
Parole de Steeve
Un an
Dans 10 jours cela fera un an pile.
Non je ne me suis pas trompé, j'ai recompté tous les traits tels des barreaux de prison. Tout ces mois écoulé dans cette pièce, si familière et si étrangère à la fois.
Cette pièce si petite, tombeau d'une année perdue. Ma vie d'avant, je n'en ait plus que des fragments flous, comme si chaque jours je perdais un pièce du puzzle de ma vie passé. Je perçois encore quelques petits extraits, souvent c'est grâce à mon inconscient.
Parce que c'est la seule chose qu'IL ne puisse contrôler.
Je me lève, mes jambes tremblent : la pièce est minuscule je n'ai pas besoin de me lever car tout est à portée de main. Alors petit à petit, j'ai perdu mes forces, ma peau pâle a virée au transparent cadavérique, mon goût pour la vie a disparut.
Soudain la porte s'ouvre : je me cache les yeux car la lumière du jour me fait si mal. Un seul rayon est entré éclairant le mort vivant que j'étais devenu. Une ombre, un rapide mouvement, une assiette que l'on pose sur le sol. La porte s'est refermée aussi vite. Je me rassis sur le lit, sans touché à l'assiette : souvent pendant plusieurs jours je jeûnait, juste pour vérifier que j'étais vivant et que je ressentais encore des sensations. Je me couchais sur le lit dan la position du f½tus : c'est ainsi que je m'endormais.
Je me réveilles quelques minutes plus tard en sueur : encore ce rêve. Les images s'estompent, je pleurs, j'essaye d'attraper les dernières mais elles s'envolent et éclatent comme des bulles de savons. Plus le temps passe, moins ces rêves deviennent précis : ma lumière d'espoir se ternit... Mes longs cheveux se collent à mes joues mouillées par les larmes, la seule chose qu'il m'est épargné. Il les aiment tant, doux comme de la soie et mettant en valeur mon visage féminin. Il y passe souvent la main dedans, lorsqu'il entre dans ma tombe, il aime me serrer dans mes bras parce que je me mets à pleurer de peur. Il tente de me rassurer pour me faire encore plus mal après.
Mes paupières se ferment à nouveaux.
Je me vois à nouveau, plein de vie et heureux sur une scène. Je chante rette mich il m'arrive encore de susurrer les paroles. A ma droite mon frère, je ne perçois plus son visage seulement ses longues dreads dorées. Je sais qu'il y a aussi le batteur derrière moi ainsi que le bassiste à ma gauche, mais leurs silhouettes sont transparentes et brouillées. Je cours je danse, je fais mon show. Les acclamations du public me caressent comme la brise d'été.
L'été, le soleil sur ma peau...
Un rayon me brûlent la joue : IL a encore ouvert la porte.
« Allez viens, il faut te laver. »
Il me prend dans ses bras : je suis trop faible, il voit bien que je dépérit.
« Il faut que tu manges ton assiette, s'il te plait »
Sa voix est presque remplie de pitié. Je sais que je le dégoûte. Avant je lui plaisais, il aimait bien « jouer » avec moi...